Exposition « A table au Moyen Âge »

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A la fois proche et lointaine de nos habitudes alimentaires, la cuisine médiévale recèle des mystères et des saveurs originales pour nos palais actuels. Découvrez comment les hommes du Moyen Âge cuisinaient et appréhendaient leur nourriture dans cette exposition, qui mêle panneaux explicatifs, table d’épices et reproductions d’objets de cuisine et de vaisselle.

Du passé faisons table rase

Au Moyen Âge, la table n’est pas encore un élément du mobilier qui reste en place dans la pièce, on dit alors « dormante » mais elle est montée sur tréteaux. Lorsque l’on prépare le repas, on installe donc vraiment une table, d’où l’expression « mettre la table ». Lors d’un repas, la table est couverte d’une nappe de lin doublée d’une « longière » (grande serviette commune à tous les convives) avant de recevoir les tranchoirs servant d’assiettes, les coupes et les couteaux. Dressoir pour la vaisselle précieuse mais aussi tentures verdoyantes et jonchées de fleurs fraîches célèbrent souvent la richesse du propriétaire.

À table !

La table du seigneur, est parfois surélevée par rapport au reste des convives, et toujours proche de la cheminée. Sont distingués un haut bout (proche de celle-ci) d’un bas bout. Le nombre de plats servis ne sera pas le même en fonction de l’emplacement. Si l’invité d’honneur voit tous les mets servis devant lui, ceux du bas bout devront seulement se contenter d’une demi-aile de poulet ! Début et fin de repas sont marqués par le lavage des mains.

La chaîne de l’être

Selon la pensée médiévale héritée de la Physique d’Aristote, l’univers est doté́ d’une organisation verticale, depuis Dieu jusqu’aux objets inertes, situés au plus bas. C’est pourquoi, dans les festins, les fruits sont préférés aux légumes et les oiseaux aux quadrupèdes. Le choix des ingrédients dépend aussi des saisons, de la santé et surtout du calendrier religieux qui impose un jeûne sur le tiers de l’année.

Le pays de Cocagne

L’angoisse de la famine au Moyen Âge a produit l’utopie économique du pays de Cocagne. Le banquet en est une des expressions majeures.

À partir du XIIIe siècle, recettes et ordre des mets sont consignés dans des manuscrits tel le Viandier de Taillevent. Dans ces repas parfois gargantuesques, entre 600g et 1kg de viande sont proposés par jour et par personne sans que tout soit consommé.

Pouvoir et convivialité à table

Les festins permettent d’impressionner durablement les convives tout en valorisant le maître des lieux. Dans cette optique, une attention particulière est portée à l’entremets, pièce spectaculaire apportée au milieu du repas. Cette prodigalité est vivement critiquée par les moralisateurs. Plus que la  surabondance alimentaire, c’est l’excès de plaisir éprouvé à manger qui met la gourmandise au premier rang des péchés capitaux.

Dans l’exposition :

Pour vous immerger davantage dans la cuisine médiévale et l’art de la table, de nombreuses reconstitutions sont exposées tout au long de l’exposition : banquets, céramiques, écuelles, tailloirs, aquamanile… Des épices médiévales sont également présentées telles que la graine du paradis, le macis, le cubèbe…

Exposition à voir du 29 juin au 22 septembre, de 11h à 19h

Tarifs : 5€ plein, 3€ réduit, gratuit pour les -7 ans

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