Le Manoir à la maison : atelier cuisine médiévale

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Durant le confinement, pourquoi ne pas tester la cuisine médiévale ? Voici deux recettes pour découvrir les saveurs du Moyen Âge !

La première recette permet de reproduire une boisson très connue : l’hypocras ! Ici, c’est une version sans alcool qui est proposée, à base de jus de raisin. Composée de vin et d’épices, cette boisson est à déguster en apéritif ou en digestif. L’hypocras était parfois prescrit par les médecins médiévaux pour aider à la digestion.

La deuxième recette vous permettra de réaliser de délicieux petits biscuits aux épices, d’après une recette d’Hildegarde de Bingen. Cette abbesse allemande du XIIème siècle était une naturaliste et une médecin qui s’inspirait autant de la théorie des humeurs de Gallien que des croyances populaires. Ainsi, les écrits d’Hildegarde de Bingen font référence à l’équilibre des quatre humeurs qui composent le corps humain : le sang, le phlegme, la bile jaune et la bile noire. Ces humeurs sont associées à des qualités physiques : chaud, froid, sec et humide. Mais Hildegarde de Bingen ajoute à cette théorie la dimension émotionnelle qui peut être influencée par la façon de se nourrir. Pour elle, la tristesse, comme les maladies physiques, peuvent être aggravées ou soignées avec les aliments. C’est pour cela que les biscuits se nomment « biscuits de la joie ».

Ces biscuits sont composés d’épeautre, céréale très appréciée de l’abbesse qui note que c’est  « un onguent de l’intérieur. Il répare et adoucit, donne un sang et une chair de qualité. » Hildegarde le classe dans les aliments de nature chaude qui permettent de redonner de l’énergie. Aujourd’hui, des études sur cette céréale riche en fibres, en fer, en protéines, en vitamines et minéraux permettent d’affirmer qu’elle joue un rôle majeur dans la formation des globules rouges dans le sang, mais également dans la régénération cellulaire.

En plus de l’épeautre, des épices sont utilisés dans les deux recettes.

On utilise beaucoup d’épices au Moyen Âge, par attrait gustatif, mais aussi pour leurs vertus médicinales et leurs pouvoirs symboliques. La cannelle est antivirale, le clou de girofle est antiseptique et antifongique par exemple. Mais au Moyen Âge, manger des épices permettait de goûter au paradis perdu. Évoqués dans Le Cantique des cantiques qui parle d’un jardin où poussent « le nard et le safran, la canne odorante et le cinnamome, avec toutes sortes d’arbres d’encens ; la myrrhe et l’aloès, avec tous les plus excellents aromates », les épices sont des traces du jardin d’Éden, que l’on situe à l’époque en Extrême-Orient, là d’où proviennent ces épices.

Alors, embarquez pour un voyage culinaire dans le temps avec la recette de l’hypocras sans alcool et la recette des biscuits de la joie !

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